COMMUNIQUE DE PRESSE

 

Vendredi, le 14 mai 2004

LES ELEVEURS D'ANIMAUX A FOURRURE S'OPPOSENT AUX CAPRICES POLITIQUES
Eleveur s'adresse au Conseil d'Etat

Le Ministre Demotte va supprimer 500 emplois au lieu de créer des emplois !
Les éleveurs d'animaux à fourrure , réunis au sein de BEFFA, s'opposent unanimement à l'intention du Ministre Demotte d'introduire l'interdiction de l'élevage d'animaux à fourrure, ce qu'ils ont appris récemment. Ils ont reçu le soutient de plusieurs syndicats agricoles, la Fédération Wallonne de l'Agriculture (FWA), le Boerenbond, le Algemeen Boerensyndikaat (ABS), ainsi de la COPA/COGECA, l'organisation basée à Bruxelles regroupant les organisations et les coopératives agricoles de l'Union européenne
Tous les moyens politiques et juridiques seront mis en oeuvre pour mettre résolument fin à ces caprices politiques.

Le cabinet du Ministre Rudy Demotte a fait savoir à la BEFFA (l'Association belge des éleveurs d'animaux à fourrure ) qu'il envisage d'introduire l'interdiction de l'élevage d'animaux à fourrure sur la base de « considérations éthiques ». Cette histoire « téhique » n'est qu'un attrape-nigaud. Fermer avec l'argent du contribuable des entreprises agricoles rentables, qui ont toujours pu fonctionner sans subsides - et où le bien-être des animaux est assuré - est inacceptable! Si le niveau du bien-être des animaux est assuré, comme c'est le cas pour les animaux à fourrure, il n'existe aucun fondement d'interdiction basé sur l'éthique. L'objectif de production n'a pas d'importance parce que les animaux ne savent pas pourquoi ils sont élevés. Ce qui importe c'est que les animaux soient correctement élevés. En réalité l'argument explicitement invoqué par le ministre n'est pas tant le bien-être des animaux mais l'objectif poursuivi par l'élevage du vison, à savoir la production de fourrures. Ceci est inadmissible! Fermer des entreprises agricoles sur une base soit disant éthique ne sont que des caprices politiques. Si l'on accepte l'élevage des animaux, il n'existe aucune différence entre élever des animaux à fourrure et tout autre élevage d'animaux.

Une interdiction aurait également un impact grave sur les plans économiques et sociaux, d'abord pour les éleveurs d'animaux à fourrure, mais aussi pour toutes les 125 entreprises liées au secteur de la fourrure. Il s'agit au total de 500 emplois. Il n'y a pas si longtemps le gouvernement avait promis de créer 200.000 nouveaux emplois mais voilà que le Ministre Demotte envisage d'en supprimer 500. Cette fois ci, le gouvernement ne pourra pas dire que c'est la faute d'une multinationale.

En 2002, le gouvernement a introduit un changement dans la "liste positive" en modifiant l'arrêté royal du 7 décembre 2001 fixant la liste des animaux qui peuvent être détenus et a ajouté le vison et les renards à cette liste. Il a ainsi donné le feu vert aux éleveurs d'animaux à fourrure. Au cours de l'année 2002, les éleveurs d'animaux à fourrure ont été informés par les autorités concernées qu'ils pouvaient commencer à s'adapter à la législation à venir. Le gouvernement belge voulait introduire la Recommandation émanant du Conseil de l'Europe le plus tôt possible. Les éleveurs ont commencé à adapter leurs établissements agricoles conformément à la Recommandation. Cela signifie que plusieurs fermes d'élevage sont déjà complètement adaptées aux nouvelles exigences légales basées sur la Recommandation mais voilà que tout à coup le Ministre amorce un virage à 180° et allume le feu rouge. Cela ne se fait pas! Nous exigeons que le Ministre Demotte reprenne le projet de loi de dcéembre 2002 sur l'élevage d'animaux à fourrure conformément à la Recommandation du Conseil de L'Europe. La tâche d'un ministre Sociale est de créer des emplois non les détruire.

Supprimer les élevages d'animaux à fourrure n'apportera rien au bien-être des animaux. On n'ajoute rien au bien-être en faisant disparaître les animaux ! L'élevage se déplacera simplement vers d'autres régions où l'on porte moins d'importance au bien-être animal.

En plus, l'élevage d'animaux à fourrure en Belgique recycle 8000 tonnes de déchets de l'industrie de la volaille et du poisson par an en un produit tout à fait naturel (la fourrure), et donne de l'emploi à 500 personnes. Sur le plan européen les élevages recyclent 647.000 tonnes de déchets par an et donnent de l'emploi à 338.000 personnes. La Finlande considère l'élevage d'animaux à fourrure comme étant écologique.

Au sein du gouvernement la fraction SP.a a voulu cette interdiction uniquement par calcul électoraliste. La démarche du SP.a n'est clairement pas inspirée par le besoin d'une augmentation du bien-être mais purement et simplement par un calcul électoraliste. Le SP.a a admis franchement vouloir gagner ainsi les votes des membres de Gaia, qui - après les élections précédentes - ont changé de camp, d'Agalev vers le SP.a. La direction du SP.a doit bien réaliser qu'en pratiquant la politique de cette façon, elle est responsable de l'éloignement entre le citoyen et la politique. Il ne suffit pas d'inventer de bons slogans comme « La politique s'occupe des gens » et « Nous nous occupons de vos emplois » et d'autre part souhaiter une législation qui pour un simple calcul électoraliste va prendre aux gens leur entreprise, leur activité et ensuite leur revenu. Finalement 500 emplois seront perdus. La politique doit réconcilier l'économie, l'écologie et le bien-être plutôt que les opposer.

Le gouvernement ne peut pas se laisser influencer par un groupe de pression qui n'a aucun soutien social pour son but avoué ! En effet, combien de Belges veulent qu'on bannisse peu à peu toute utilisation d'animaux de notre société, alors que nous savons qu'à peine 2 % d'entre nous sommes végétariens et qu'il y a encore moins de végétaliens ? Un gouvernement est tenu de respecter et de défendre le libre choix de ses citoyens.

Si nous voulons évoluer réellement vers une société pluraliste, vivable et tolérante, la seule solution est d'avoir une législation correcte et pratique au sujet du bien-être des animaux - qui tienne également compte de l'aspect humain de la chose - associée au respect du choix de chacun d'utiliser ou non certains produits dérivés des animaux. Fermer les entreprises qui élèvent des animaux à fourrure en Belgique ne cadre pas avec cette philosophie; en revanche, une bonne législation autorisant l'élevage d'animaux à fourrure lui correspond tout à fait !

La BEFFA demande au Ministre Demotte de reprendre le projet de loi de 2002 sur l'élevage d'animaux à fourrure conformément à la "Recommandation sur les animaux à fourrure" émanant du Conseil de l'Europe. Celle-ci correspond également aux conditions relatives à l'élevage d'animaux à fourrure dans d'autres pays européens producteurs de fourrure.

Soutien des syndicats d'éleveurs belges et de la COPA/COGECA
La BEFFA a été en contact avec les syndicats d'éleveurs, la Fédération Wallonne de l'Agriculture (FWA), le Boerenbond (BB) et le Algemeen Boerensyndikaat (ABS). Les organisations ont clairement indiqué qu'elles soutiendront les éleveurs belges d'animaux à fourrure en cette matière. L'introduction d'une telle mesure mettrait en péril l'avenir de tout élevage d'animaux. La COPA/COGECA, l'organisation basée à Bruxelles regroupant les organisations et les coopératives agricoles de l'Union européenne, a formulé également son soutien en la matière.